L’aquaponie sort du bois et passe à la télé ! Un petit reportage très intéressant sur Arte nous présente l’aquaponie, technique de production de nourriture étonnante, à laquelle ce site est dédié. C’est l’occasion pour moi d’échanger avec vous sur l’aspect éthique de cette technique. Alors l’aquaponie, une technique durable, souhaitable, ou pas ?

D’abord, regardez ce fameux reportage très bien fait.  Il vous expliquera images à l’appui les principes de l’aquaponie. Vous y trouverez également divers exemples et manière de l’utiliser. Ce sont 14mn très instructives :

Les différentes formes que l’aquaponie peut prendre

L’aquaponie n’est qu’une technique, elle n’a pas d’éthique propre ! Elle peut être utilisée dans des contextes assez divers pour des résultats assez différents.

Le potager individuel ou de petite collectivité

C’est un aspect important qui manque dans le reportage ci-dessus ! On peut pratiquer l’aquaponie à petite échelle ! Je pratique en tant que particulier et partage mes résultats et expériences à travers les articles de ce blog. Cela participe déjà pour une bonne part dans notre nourriture quotidienne. Je me suis lancé le défi d’aller plus loin en tirant la majeure partie de l’alimentation de notre famille de nos productions !
L’objectif me parait atteignable, et à certains moments même dépassé. Les surplus profitent à nos voisins et amis. J’essaie avec ce blog et mes formations de vous aider à atteindre une certaine autonomie alimentaire. C’est un pas de plus vers la résilience qui me parait précieux.
On peut aussi le faire dans le cadre d’une petite collectivité, comme nous l’avons mis en place pour les enfants d’une maison des assistantes maternelles ! Offrir aux enfants dès leur plus jeune âge l’accès à une nourriture saine qui a poussé sous leurs yeux, c’est un beau cadeau non ?
Des éco-villages ou éco-hameau auraient tout intérêt à développer des petites structures effiocaces de production de nourriture saine à leur échelle ! De ce côté là, certains sont prêts à faire le pas, mais rien d’existant en Europe encore à ma connaissance. c’est pourtant un gros potentiel à mon sens.

La ferme urbaine : par nature intéressante

Notre modèle de développement a amené les populations à se concentrer dans les ville. Même dans un pays assez agricole comme la France, l’approvisionnement se fait aujourd’hui à grands renforts d’énergie pour transporter la nourriture jusqu’aux centres urbains, quand elle n’est pas produite à l’étranger.

Ramener la production au plus près du consommateur par de petites fermes urbaines a des avantages certains. C’est à coup sûr bénéfique pour l’efficacité énergétique . C’est aussi un moyen de réduire les temps de transport et d’entreposage, et donc améliorer la qualité alimentaire des produits par leur fraîcheur.

La ferme urbaine peut permettre d’utiliser des espaces dégagés inutiles. Friande de soleil, elle a souvent envie de monter sur les toits ! Et c’est possible car elle n’a pas besoin de sol. Par son efficacité intrinsèque, elle peut également se contenter de petites surfaces. Elle peut ainsi être implantée proche d’employés qui n’ont pas forcément envie d’être paysans à la campagne. C’est un bon moyen pour relocaliser une activité de production. La société urbaine de service pur dans un monde a énergie limitée n’est pas durable…

La ferme industrielle hyper technologique

La production de nourriture par l’aquaponie nécessite des infrastructure. Dans une démarche de pure efficacité industrielle et financière, on en arrive à des modèles comme la ferme aux Etats-Unis présentée à la fin du reportage.

Les investissements pour ce type de structure sont colossaux. Un certain nombre de projets basés sur cette démarche ont d’ailleurs subi des échecs retentissants.

C’est cette dérive industrielle et la récupération de la technique d’aquaponie et de l’argumentaire bio-éco que je souhaite examiner ici.

ferme industrielle vs ferme urbaine communautaire

Comparaison de systemes d’aquaponie entre une ferme industrielle et une petite ferme urbaine communautaire.

Durable et souhaitable, c’est une question de manière

On peut commencer à faire un tri en balayant les éthiques de permacultures qui nous sont chères.

Ethique : l’aquaponie sert-elle l’homme ?

On a pu voir que dans certains cas, l’utilisation de l’aquaponie peut avoir des bénéfices sociaux par la création d’emplois non délocalisables et reconnectés à la nature, plus humains.

Pour ceux qui consomment les produits, c’est donner l’accès à une nourriture saine et fraîche qu’ils n’ont tout simplement pas aujourd’hui !

La ferme hyper-industrielle ne semble pas servir l’homme.  C’est une machine industrielle qui, comme ils s’en vantent, ne dort jamais. Dans une atmosphère stérile et d’éclairage artificiel, les quelques employés gantés sont seuls face aux plantes et aux machines… Epanouissement ? Pour ma part c’est plutôt une vision de cauchemar

De plus, l’approche hygiéniste et la volonté de contrôle absolu dans ce milieu hyper-artificialisé en fait un système très peu résilient, qui au contraire serait très fragile aux inévitables incursions de pathogènes. A quand la prochaine épidémie de E.Coli ?

 

Ethique : l’aquaponie préserve-t-elle la Terre ?

On a déjà évoqué les économies d’énergie potentielles dûes au changement de modèle. Passer de grande monocultures hors de villes, au circuit de distribution centralisé à de petites fermes urbaines aquaponiques en circuit court induirait une diminution significative de la dépense d’énergie dûe au transport. La nourriture des poissons est bio-sourcée. Ceci est le fertilisant qui vient en lieu et place des fertilisants chimiques. Enfin, c’est une économie très substantielle d’eau et de rejets polluants en milieu naturel. Cette problématique est largement présente aujourd’hui.

On préserve donc notre milieu naturel, la bio-diversité, et  nos précieuses ressources en pétrole.

 

L’aquaponie nécessite malgré tout d’investir dans des structures conséquentes. Il faudrait pouvoir faire le bilan d’énergie grise de la structure initiale. Ensuite vient la dépense d’énergie au quotidien,  pour faire tourner l’eau du système, qui reste très faible (je donne ici un exemple des faibles consommations de mon système).

Pour moi, un des points de basculement vers le non soutenable est l’emploi d’éclairage artificiel. Vu les techniques utilisées dans la ferme industrielle de la vidéo, la consommation d’énergie explose. La production ramenée à la surface dans l’exemple de la ferme industrielle est selon eux de 20 à 40 fois supérieure. Au prix de quelle débauche d’énergie ?

 

Ethique : l’aquaponie est-ce équitable ?

Le développement de petites fermes urbaine, assez intensive mais au circuit de distribution court, est un modèle qui peut permettre au consommateur de gagner en qualité d’alimentation, et de créer du travail qui a un sens pour les gens.

La dérive hyper industrielle montrée dans le reportage à partir de la 13ème minute (certifiée bio, imaginez vous!) crée peu de travail, déshumanisé, et profite uniquement à ceux qui ont pu financer les investissement énormes, soit une poignée. Equitable ? Je ne crois pas non….

Durable, équitable, éthique… c’est selon

L’aquaponie présente des avantages certains, mais ce n’est qu’une technique. Elle est à replacer dans le cadre de principes utiles, au service d’une éthique. Ainsi, il ne faut pas confondre les usages. Je suis intimement convaincu que l’aquaponie peut avoir un impact positif sur l’agriculture et la nourriture d’aujourd’hui et de demain. Elle peut aussi être récupérée par un modèle qui ne se remet pas en question et apporter plus de problèmes que de solutions.

 

Quelle est votre vision d’un modèle de développement éthique de la production de nourriture ? Pensez-vous que l’aquaponie puisse faire partie d’une solution ?

J’aimerais beaucoup avoir votre avis sur ce sujet, svp partagez vos réflexions ci-dessous !

 

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