démarrer l'autoproduction de legumes en aquaponie

Vous êtes curieux, perplexe ou enthousiasmé vis-à-vis de l’aquaponie. Vous avez un éventuel projet, mais ne savez pas trop par quel bout le prendre. Je vous propose ici une liste de questions qu’il serait bon de vous poser avant de prendre la décision de démarrer un système chez vous…

 

Est-ce que je veux élever des poissons pour les manger ?

Cela conditionne le type de poissons dans le système. On peut tout à fait élever des poissons rouges ou des carpes Koï juste parce qu’il sont beaux. Si l’un des buts est d’auto-produire une partie de sa consommation de protéines animales, on peut aussi élever des perches, des carpes, des tanches ou des truites.

“Pêcher” un poisson dans votre système et le préparer n’est pas si difficile, voire même assez anodin une fois que vous en aurez l’habitude. Demandez aux pêcheurs autour de vous…

Quel type de végétaux je souhaite faire pousser ?

Les légumes verts, herbes aromatiques et salades poussent extrêmement bien en aquaponie. Votre système devra avoir une certaine maturité (quelques mois) avant d’être vraiment productif en légumes-fruits (tomates, poivrons, concombres, aubergine…). Cependant, contrairement à ce qu’on peut entendre ailleurs, leur culture est tout à fait possible voir même très efficace (voir cet article sur le goût des légumes en aquaponie).

Votre régime alimentaire n’est peut-être pas particulièrement végétal aujourd’hui. Il est vrai que certains légumes de supermarchés (mûris artificiellement et ayant subi des durées de transport et de stockage au frais longs, voire irradiés ) ne sont pas très enthousiasmants. Un légume qui a poussé dans des conditions que vous connaissez, et cueilli juste avant de le manger est autrement plus appétissant ! Par ailleurs, vous savez les bénéfices santé que vous pouvez en retirer…

Quelles quantités de végétaux je souhaite produire ? Et de poissons?

On peut tout à fait démarrer un système d’aquaponie pour se faire une petite production d’herbes aromatiques fraîches disponibles à tout moment. On peut aussi prévoir de produire une grande partie de sa consommation de légumes et de fruits tout au long de l’année. Selon la taille du système, les besoins en maintenance et en aménagements initiaux peuvent être très différents. Un jardin d’aromatiques peut trouver sa place en intérieur devant une fenêtre. Un système d’auto-production de nourriture à l’année nécessitera probablement une serre et un espace conséquent (30-40 m2). Toute la déclinaison d’intermédiaires entre les deux est également possible.

La majeure partie des récoltes d’un système d’aquaponie sera végétale. Les poissons seront en quelque sorte le “bonus”. Cependant, toutes proportions gardées, la proportion entre les deux correspond à un régime alimentaire équilibré : la nature est merveilleuse !

Il peut être intéressant de démarrer petit pour apprendre pour évoluer ensuite. Par contre, un système plus grand sera plus stable et permettra de réagir plus facilement aux déséquilibres qui pourraient se produire.

Quel temps suis-je prêt à y consacrer ? Avec quelle régularité ?

Une fois installé, un système d’aquaponie nécessite relativement peu de temps de maintenance. Mais la régularité est la clé. Si vous voulez bien comprendre ce qu’y s’y passe et avoir une croissance régulière, il est nécessaire de nourrir les poisson une fois par jour. Si vous êtes souvent parti en voyage et n’avez pas de voisin ou ami qui puisse s’occuper du système en votre absence, ce n’est peut être pas adapté. En revanche, il est assez aisé de laisser le système “se débrouiller” le temps d’un week end, contrairement à votre chien.

Personnellement, j’estime que je n’y passe pas plus de 10 minutes par jour pour l’entretien de routine, et une heure une fois par semaine pour les semis, plantations, petits nettoyages… Il est  important de bien penser aux opérations de maintenance lors de la conception du système, le temps passé à l’entretenir en sera grandement réduit.

Quel est l’espace nécessaire ?

Vos poissons préféreraient être à l’ombre, ou avoir un couvercle au moins partiel sur leur bassin (moins de stress, moins d’algues). Vos plantes, par contre, nécessitent un endroit ensoleillé au moins une partie de la journée. La densité de plantation possible est nettement supérieure à celle possible en terre. La compétitions entre elles ne se situe pas au niveau des racines (les nutriments étant facilement accessibles), mais pour l’accès à la lumière. En agençant les plantes en fonction de leur hauteur, on peut arriver à une gestion extrêmement efficace de l’espace. C’est un des “classiques” en permaculture. On peut par exemple planter des fraisiers devant des radis devant des salades devant des tomates… En bref, c’est comme pour une photo de groupe : les petits devant, les grands derrière 😉

Quel est le coût initial ? Quels frais de fonctionnement ?

Les frais d’équipement dépendent de la taille bien sûr. Ils peuvent être réduits en auto-construction. Malgré tout, ça finit toujours par coûter un peu plus qu’initialement prévu. Prévoyez large… Les frais de fonctionnement sont ceux occasionnés par l’achat des alevins, la nourriture des poissons, les semences, ainsi que les frais d’électricité pour faire tourner l’eau dans le système.

Les alevins, pourront être auto-produits avec certaines espèces de poissons. C’est assez compliqué avec la plupart. Il est préférable de s’approvisionner chez un pisciculteur qui maîtrise la chose.

La nourriture des poissons est souvent constituée de granulés achetés chez le pisciculteur même qui vous a fourni les alevins. Là aussi, des solutions existent pour fournir à vos poissons une nourriture vivante et auto-produite. J’y reviendrai.

Les semences peuvent être reproduites par vos propres moyens. En faisant vous-même votre sélection, vous obtiendrez peu à peu des variétés de mieux en mieux adaptées à vos conditions particulières. Vous vous libérerez aussi de ceux qui tentent de breveter le vivant.

Les frais d’électricités sont modestes (voir cet article) et peuvent même être extrêmement réduits par une conception attentive (minimiser les hauteurs de relevage). Étant donné les faibles puissances nécessaires, on peut aussi envisager de l’auto-produire grâce à un petit panneau solaire.

Quel est le meilleur moment pour démarrer ?

Le meilleur moment, c’est maintenant !

Mais il faut avoir à l’esprit certaines échelles de temps. A partir du moment ou vous prendrez la décision de démarrer, il vous faudra quelques temps pour concevoir votre système. Vous devrez ensuite trouver le matériel adapté pour le construire. Une fois que l’eau coule, il faut un certain temps -4 à 6 semaines- pour établir le système notamment au niveau des bactéries (voir absolument cet article). Ensuite trouver et intégrer les poissons. A partir de là établir votre routine d’entretien et profiter….

Les poissons seront de préférence intégrés au système au printemps ou à l’automne. Les périodes de forte chaleur ou de froid ne sont pas très adaptées et pourraient les faire souffrir.

On peut voir qu’entre la décision et le système en vitesse de croisière, il y a déjà quelques mois

 


Ces quelques questions, auxquelles vous devez apporter vos réponses, vous permettront de mieux cerner votre projet. Si vous prenez la décision de vous lancer et de démarrer, n’hésitez pas à demander de l’aide ici et à faire profiter les autres de vos questionnements !

 

 

 

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